Elle s'appelait Elisa
( Histoire racontée à la premiere personne, écrite à mes moments de tristesse. Cette histoire n'est donc pas un concentré de bonheur)
Resumé: Alexandre est un des garçons les plus populaires de son lycée. De ce fait, il laisse dicter sa conduite par les caprices de la mode et surtout par le regard des autres. Rencontrer Elisa fut pour lui une sorte de délivrance. Mais la vie n'est pas toujours aussi clémente ...
Histoire :
Elle s’appelait Elisa. Son nom résonne dans ma tête, son visage me revient comme un éclair devant les yeux. Pourquoi, mais pourquoi je l’ai laissée ?
Elisa la douce, joli brune que mes yeux observaient souvent. Moi, un gars populaire, manipulé à souhait par la dictature de l’apparence, je n’étais jamais vraiment moi-même, rien qu’une image qui, aux autres, plaisait. Un pantin, dirigé …
Elisa, elle ne m’aimait pas, elle me lançait des regards désolés quand sous l’impulsion des autres j’embrassais Manuela. Many, je ne l’ai jamais aimé, elle m’a choisi et elle m’a eu ; je n’ai eu la force de résister à ses grands yeux à son apparence des plus attirantes, à ses doux mots…
Quand Elisa est arrivée, en plein milieu de l’année, elle m’a ouvert les yeux. Elle parlait avec une grande sincérité, toujours. Un jour on lui a demandé ce qu’elle pensait de moi ; je m’attendais à la réponse habituelle « canon » ou un truc dans ce genre ; Elisa a juste dit me regardant droit dans les yeux : « Alexandre, hé bien … je pense, honnêtement, que ce n’est qu’un gosse de riche sous la dictature de l’apparence, qui se croit irrésistible ». Cloué, voilà ce que j’étais, mais il ne fallait pas perdre la face alors la regardant toujours ma réponse a été : « Tu me connais bien mal … ». Je ne sais pas si c’est le fait qu’elle me résiste ou qu’elle ne soit pas comme les autres mais à ce moment je me suis lancé pour défi de la séduire.
Chaque jour passant je me rapprochais d’elle, je lui parlais sur msn, au cdi, … Avec elle je me découvrais, enfin j’étais moi-même, elle m’écoutait, je l’écoutais, on s’échangeait nos passions. Pris à mon propre piège, voilà ce que j’étais, car oui, je l’aimais… Ce fut un choc pour moi car aimer, aimer c’est être faible. Chaque jour qui passait me faisait un peu plus être moi-même devant les autres. J’en avais marre de cette mascarade alors j’ai tout quitté, Many pour commencer et franchement elle n’a pas apprécié et a juré de se venger. J’ai repris les vieux amis qui sympathiquement m’acceptaient. J’ai arrêté d’écouter les titres à la mode, je me suis mis au rock conseillé par Elisa. Je ne me suis plus cacher et j’avais ce sentiment cette impression de liberté toujours en moi et ça, c’est grâce à elle.
Le temps passait et ce bonheur si soudain se tachait un peu plus d’amertume, elle ne me voyait que comme son meilleur pote. Moi qui m’étais préparé à lui demander si elle voulait sortir avec moi, je n’ai rien vu. Ainsi quand ce lundi je m’avançais confiant et plein d’espoir vers elle, et qu’elle me dit qu’elle voulait me parler ; mon bonheur atteint un summum.
Je ne me serais jamais attendu à cela mais la belle Elisa n’avait d’yeux que pour Martin, un de mes bons amis. Elle voulait que je me renseigne. J’étais dépité mais je ne l’ai pas montré.
Le temps a passé, elle était avec lui, souvent, très souvent même. Je ne passais plus autant de temps avec elle. Je ne supportais pas cette vision de la personne que j’aimais enlacée avec une autre. On se disputait, quelques fois. Elle me reprochait cette absence. Si elle savait le mal que certains de ces mots m’ont fait.
Les années ont passées, j’enchaîné les conquêtes qui jamais ne duraient. Elisa elle aussi était dans le même cas. Puis je me mettais à avoir de mauvaises fréquentations, je sombrais dans l’alcool. J’ai finit par me mettre à la drogue, j’en suis vite devenu un accro.
Elisa me regardait dépérir sans rien dire sans rien faire. La seule personne pourtant qui aurait pu me sortir de la dépendance c’était elle. J’ai commencé à me mutiler, faire passer la douleur physique au premier plan pour oublier … oublier cette décadence qui était mienne. Le mot suicide hantait mon esprit chaque jour venant ; mais je ne pouvais.
La mascarade fut finalement découverte par mes parents. Ils décidèrent de m’envoyer dans le pensionnat d’un petit village près d’une ville nommé Manosque. Ce pensionnat était réputé pour sa rigueur. Là-bas, au fil des années j’ai repris une existence quasiment normale. Je gardais tout de même quelques séquelles du temps passé. La région me plaisait. A dix huit ans, après avoir quitté le pensionnat, je m’y suis installé. Je travaillais comme secrétaire dans un cabinet d’avocats. C’est là où j’ai rencontré Olivia. Avocate brillante, blonde aux grands yeux gris, sympathique et drôle, elle avait tout pour me plaire. J’en tombais amoureux c’était sur mais je me refusais le plaisir charnel depuis que j’avais quitté ma région. Elisa occupait toujours une partie de mon esprit même si Olivia en faisait maintenant partie.
On était en mai, le soleil rayonnait. J’avais passé le diner avec Olivia. Mon répondeur, bien souvent vide, affiché ce jour-là, un message. Je l’écoutais alors et puis je décrochais le combiné, composais fébrilement ce numéro que je connaissais par cœur. Ce fut ma mère qui répondit, ce fut elle qui me raconta. Ma tête me tournait, les larmes coulaient le long de mes joues. Ce sentiment infecte me déchirait le corps alors je me prostré au sol. Les mots de ma mère raisonnaient encore dans ma tête : « Enterrement … tristesse … deuil … morte…overdose…Elisa ».
Je m’en sortis grâce à Olivia. Je me mis à la fréquenter en tant qu’amante. Puis nous nous mirent ensemble. Une année plus tard naissait mon fils puis nous nous unirent devant le maire. Mais en moi depuis toujours une promesse trotte, gravé en moi, ineffaçable :
« Je n’oublierais jamais Elisa »
.Quatre-vingts ans ont passé maintenant et je n’ai oublié ni Elisa, ni cette histoire …ni les regrets de ne pas avoir mis de côté ma trop grande fierté … pour elle.
Profiter de l’instant présent, laisser de côté fierté et timidité. Ce sont des ingrédients indispensables pour un peu de bonheur en plus… et pour éviter milles regrets.
Fin
Vos impressions ? Premiere fois où je me met dans la peau d'un garçon. J'ai besoin de vos impressions pour m'ameliorer ou continuer des choses que vous aimez. merci.
Julia